Portraits / JOURNAL N°87 - mercredi 05 février 2014

Sory Diabaté fait danser avec les douns

“J’AI PARTICIPÉ à pleins d’événements en tant qu’artiste, mais c’est la première fois que j’interviens comme prof et ça me fait trop plaisir de le faire pour la Biennale de la danse de Lyon”, livre Sory Diabaté. Quelle chance aussi pour les participants du projet FreeDoun d’être guidés par ce talentueux musicien venu de Guinée Conakry. Sory Diabaté maîtrise le doun et toutes les percussions africaines, mais il est surtout l’un des plus virtuoses balafonistes de sa génération et un illustre héritier de la tradition mandingue.

Il faut dire que la musique est une histoire qui remonte à loin chez les Diabaté. “Je viens d’une des grandes familles de communicateurs traditionnels africains, les griots”. Il fait partie des griots kouyaté, c’est-à-dire ceux qui jouent. “Dès l’âge de 4 ans, j’ai voulu apprendre à jouer du balafon”. Son père, Sayon Diabaté, a été son premier professeur. Très tôt, il l’a emmené dans les cérémonies et a conduit ses pas comme porte-parole entre les villageois et le chef. “Les griots sont rattachés à une famille, à un chef et jouent un rôle de mémoire; ils rappellent les exploits des ancêtres et des figures légendaires. Quand il y a des tensions entre les gens, de la colère, ils appellent à la sagesse, à la raison...”, explique l’héritier de la tradition. Sory Diabaté détient ce savoir ancestral.

 

Musicalement, il s’est aussi formé auprès de grands maîtres, avant d’intégrer la troupe des Merveilles de Guinée. C’est là qu’il a été repéré par les artistes de la compagnie Circus Baobab. Les ayant rejoint comme soliste, il a tourné avec eux dans le monde entier. Dans le même temps, le balafoniste a collaboré avec de nombreux musiciens et danseurs : Sayon Bamba Camara, Mandingue Foly... et Momo Wandel Soumah, “grand saxophoniste guinéen, avec lequel j’ai fait plusieurs albums et représenté l’Afrique lors d’un festival en Hollande”. Sory s’est installé en France en 2000. Les tournées avec Circus Baobab se sont arrêtées en 2008, mais l’aventure et les voyages continuent en solo. Via les festivals, stages, masterclass ou résidences, il a séjourné au Canada, en Nouvelle- Calédonie et plus récemment à la Réunion. L’artiste enseigne en différents lieux pour transmettre sa passion et sa maîtrise du balafon. Il pré- pare un DVD de méthode et par ailleurs un CD de ses compositions. Il donne aussi des cours de danse et douns à Lyon (Afro Mundo) et propose des stages en Guinée, avec Winship Boyd. A Vaulx-en-Velin, tous deux viennent d’organiser un stage au centre social et culturel Peyri qui donnait le ton de FreeDoun... Ça va percuter !

Fabienne Machurat

Crédit photo © Marion Parent

Le musicien guinéen a intégré la joyeuse équipe qui encadre cette année le groupe du défilé de la Biennale de la danse. Winship Boyd, la chorégraphe, et lui forment un duo libérateur qui fait sauter les barrières entre musique et danse. Héritier des griots, Sory Diabaté partage son savoir ancestral.

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