Actualités / Cultures - vendredi 23 mai 2014

L’oubli impossible

.  A l’initiative de l’association Dans tous les sens, ils étaient trois invités à croiser leurs approches artistiques, historiques et personnelles sur la question des camps d’internement, et sur celle de la construction de la mémoire. Ces auteurs sont tous les trois très concernés par cette histoire, encore largement méconnue, des camps d’internement en France pendant la seconde guerre mondiale. Vincent Bady metteur en scène, auteur et acteur, a lu des extraits du livre de Armand Creus, fils de réfugiés espagnols républicains, tandis que ce dernier reprenait des répliques du texte théâtral : fiction et mémoire se rejoignaient.

Vincent Bady avait présenté sa dernière création au centre culturel Charlie Chaplin le 14 mai. Il s’agit donc d’une fiction, basée sur des faits historiques prenant pour point de départ le camp de Rivelsaltes. Armand Creus, militant de longue date et actuellement conseiller régional, a mis dix ans à reconstruire et écrire son histoire familiale : c’est en fréquentant les ateliers d’écriture de Dans tous les sens que le déclic s’est fait. Il a alors “redécouvert les cahiers de son père”, lui-même militant républicain, a-t-il expliqué ensuite. “Je ne conseillerai jamais assez à ceux qui ont envie d’écrire de fréquenter ces ateliers.”

Gonzzalo Navarro, auteur du dossier “Les républicains espagnols” a été écouté avec autant d’attention que les deux autres protagonistes de la soirée. Après avoir présenté brièvement les logiques d’enfermement à l’œuvre dès la fin de la troisième République française (au temps du gpuvernement Daladier), il est revenu sur la défaite des républicains espagnols en 1939 et sur l’oubli considérable qui a recouvert cette défaite. Des questions ont surgi de la part du public, des réflexions aussi, sur les “indésirables“ d’aujourd’hui, qui font écho à ceux d’hier…

Sur cette période, “la poésie et la littérature nous en apprennent plus que l’histoire“ a fait remarquer une personne. Pourtant, cette soirée a permis aussi à tous d’entrevoir que la vérité historique avec un grand V se construit aussi en débusquant les erreurs et les tromperies. Et elle surgit peu à peu, grâce à des obstinés comme ceux qui étaient présents à Vaulx-en-Velin, parce qu’ils creusent les failles de l’oubli sciemment entretenu pendant le franquisme et au-delà.

 Françoise Kayser

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