Portraits / JOURNAL N°76 - mardi 02 juillet 2013

Louis Guillard, une vie à Vaulx

IL EST NÉ EN 1929, tout près de la Rize et sa vie, il l’a construite ici. A 84 ans, Louis Guillard garde une sacrée forme et une mémoire intacte. Il se souvient du café des Tilleuls, créé par son père, et qui se tient toujours en face du stade de son club fétiche, le FC Vaulx. Le café de l’avenue Paul-Marcellin est aujourd’hui tenu par le fils, Serge. “C’était le seul bâtiment à des kilomètres, évoque-t-il. Il faisait office de café, de restaurant et d’épicerie”. On venait parfois de loin pour s’y retrouver. “Mon père, François Guillard, était un homme très apprécié, il a participé à la formation du Bloc ouvrier et paysan, se rappelle-t-il avec émotion. Il a surtout été l’un des premiers habitants du quartier. Une rue porte son nom à côté du café”. En 1936, un tragique accident lui coûte la vie et c’est la mère de Louis qui reprend l’affaire. Puis arrive la guerre : “Ma mère était seule, nous étions quatre enfants, souligne-t-il. Même avec un resto, les temps étaient durs. Tout était rationné. Nous allions dans les champs voisins piquer quelques betteraves ou chasser les lapins sauvages pour améliorer l’ordinaire”. Il y avait surtout l’affront de voir les soldats nazis dans la cour du café s’exercer au tir ou siroter un verre.

Dès 1952, “le grand Louis” comme on le surnommait intègre, avec ses frères Roger, Armand et Raymond, le comité d’intérêt local Thibaude-Vernay et Rize qui, en quelque sorte, préfigurait les actuels conseils de quartier. Les quatre frères sont férus de football. La Ville acquiert en 1946, à la demande du maire Jean Peyri, le terrain pour le stade Jomard. “On a commencé à jouer dès 1956, poursuit Louis Guillard. Les gens venaient depuis la digue à la Grappinière. On jouait dans le terrain mais on se changeait dans une grange voisine, et on se lavait à la pompe ou dans la Rize. Vu qu’on possédait le café, c’était aussi très bon pour le commerce ! Les gens se déplaçaient pour les matchs”. Louis jouait en défenseur. Le plus doué de la fratrie était Roger, qui évoluait en tant qu’ailier aux côtés de Georges Perrin, le joueur vedette du FC Vaulx. Les frères Guillard ont intégré par la suite le bureau du club. “Le grand Louis” est resté trésorier de 1956 à 1980. Son ami, Albert Crozy (voire notre édition du 2 mai 2013), a été le premier président du club. En 1962, la Ville demande à Louis de s’occuper des vestiaires, puis en 1964 de devenir responsable du stade. Il pas- sera le tablier du café familial à Norma, son épouse.
Autre passion de Louis, la boule lyon- naise. “On avait des jeux au café et près d’une cinquantaine de sociétaires, se souvient-il avec fierté. Le président était Bernard Perraton. Ça attirait énormément de monde, le club de la Tilleul boules était réputé. On y venait de la Tase, du Village et de Villeurbanne”. Aujourd’hui encore, le retraité s’adonne toujours à ce sport avec assiduité. Il est connu comme le loup blanc au boulodrome. Et il s’occupe aussi de ses abeilles avec quatre ruches à son domicile. Avec un brin de nostalgie, il évoque le temps où “nous avions jusqu’à une centaine de ruches. Après le décès de mon père, je m’en suis occupé. C’est devenu très rapidement l’une de mes passions”. Comme il n’a plus la force maintenant de soulever chaque tiroir de miel, il se fait aider pour récolter le précieux nectar.

Il est père de quatre enfants, grand- père de dix petits-enfants et deux fois arrière grand-père. Son secret de longévité : suivre les matchs de foot quand il peut se déplacer à Jomard, des parties de boules quotidiennes et du miel chaque matin. Une triade qui lui permet de garder une grande vitalité.

Rochdi Chaabnia

Ce senior de 84 ans a toujours vécu à Vaulx. Il garde un œil attentif sur son club de cœur, le FC Vaulx, tout en s’adonnant à son sport favori : la boule lyonnaise.

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Commentaires

  • guillard lucie, le 08/07/2013
    voir sont grand-père dans le journal sa n'a pas de prix !!! et oui a 84 ans il a encor la peche !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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